La Pensée Sauvage, Petite Modeste

La Pensée Sauvage, Petite Modeste

Viola tricolor

On la nomme également herbe de la Trinité ou encore fleur de Notre-Dame. Elle fait partie de la famille des violacées (Violaceae), tout comme la violette odorante sa petite cousine, qui lui ressemble beaucoup. Néanmoins, Il est important de ne pas les confondre car la violette odorante (Viola odorata) est employée uniquement en parfumerie et en homéopathie.

Tout le monde connait la pensée sauvage, ou tout le monde s’est déjà penché pour contempler la beauté de ses petites fleurs, mais saviez vous que la pensée possède de nombreuses vertus médicinales ?

Petite plante herbacée pérenne, elle peut atteindre 30 à 45 cm de hauteur. Sa tige est anguleuse, portant des feuilles ovales à dents épointées et à stipules en forme de lyre. Sa corolle est unique et reconnaissable, avec ses 5 pétales aux couleurs complémentaires jaunes et violettes (parfois parme et blanches).

Elle pousse principalement en Europe, en Afrique du Nord et dans les zones climatiques tempérées de l’Asie. Cependant, la pensée sauvage s’est acclimatée dans les deux Amériques.

Elle pousse naturellement dans des environnements différents, des montagnes verdoyantes aux plaines côtières, jusque dans nos jardins.  Elle est malheureusement en passe d’être décimée par les herbicides utilisés pour la culture des céréales.

Vantée par Hippocrate, la pensée était déjà considérée par les Anciens comme une fleur sacrée.

Dans la mythologie, la légende raconte que Zeus était amoureux d’une belle jeune fille nommée Io. Afin de la protéger de la colère de la jalouse Héra, son épouse, il la changea en génisse. Pour la nourrir de l’herbe la plus délicate, il commanda à la Terre de créer en son honneur une fleur digne d’elle qu’il baptisa du nom de la Belle (qui a donné Viola en latin). Vénérée par les athéniens, cette fleur couronnait les têtes lors des fêtes en l’honneur de Dionysos, car elle était censée éviter la « gueule de bois » due à l’alcool versé un peu trop abondamment.

Dans la symbolique médiévale, ce petit joyau de la nature était appelée la fleur de la trinité par allusion à ses trois nuances : le jaune pour le Père, l’or imputrescible et éternel ; le blanc pour le Fils, l’agneau innocent ; et le violet pour le Saint-Esprit, la couleur spirituelle par excellence.

La pensée sauvage est très appréciée en cuisine. Ses trois jolies couleurs font tout le charme de bien des présentations culinaires. Car elle peut agrémenter le fromage, mais aussi la salade de fruits. Elle enjolive les salades vertes et enfermée au cœur d’un glaçon, elle égaie les boissons d’été.

Les parties aériennes florales de la plante, qui sont utilisées à des fins thérapeutiques et cosmétiques, sont récoltées pendant l’été.  En effet, la pensée sauvage a longtemps été utilisée comme plante médicinale autant en interne  qu’en application externe.

En phytothérapie, elle possède de nombreux principes actifs reconnus. Ses principales vertus sont dépuratives pour nettoyer les toxines, et anti-inflammatoires pour soulager les douleurs. La pensée redonne une nouvelle jeunesse aux changements de saisons.

La pensée sauvage peut se prendre en interne, sous forme d’infusion, de teinture mère ou de gélules (souvent associée à d’autres plantes comme la bardane).

Elle possède des propriétés diurétiques, cholagogues et cholérétiques, qui permettent d’aider l’organisme à se débarrasser des toxines accumulées. Elle favorise donc l’élimination rénale et la fonction biliaire.

Elle est beaucoup utilisée dans les affections dermatologiques comme l’eczéma, l’acné, les séborrhées et les prurits, car elle est un bon dépuratif pour la peau et son action anti-inflammatoires est précieuse. C’est cette action anti-inflammatoire  en plus de ses bienfaits expectorants qui soulage également les muqueuses irritées des voies respiratoires : bronchite aiguë, coqueluche, asthme, trachéite…

Pour toutes ces affections, la pensée sauvage représente également une solution en cas d’allergie, car c’est un « antihistaminique » naturel.

La pensée sauvage peut interagir avec des médicaments anti-hypertenseurs et diurétiques. Elle est également déconseillée aux femmes enceintes et allaitantes, de même qu’aux enfants de moins de douze ans. C’est en tous les cas ce qui est dit dans la littérature médicale.

Elle est très efficace par voie externe, en application sur la peau (ou le cuir chevelu), pour complémenter une cure interne. On la trouve sous forme de crème et de pommade. Je parle ici de produits de bonne qualité, préparés, par exemple, par un herboriste.

Elle régule le sébum pour les peaux grasses et/ou acnéiques. Elle est calmante et cicatrisantes, pour les peaux atopiques et soulage les allergies ou les inflammations cutanées, tout ce qui pique, gratte, ou brûle. Elle redonne une peau saine et claire.

En homéopathie, Viola tricolor a des applications particulières sur les prurits brûlants et les inflammations cutanées du visage et du cuir chevelu.

La petite fleur tricolore en élixir floral, permet d’agir sur l’aspect psychique de l’être. Elle est une grande aide pour ceux qui ont besoin de développer une pensée plus créatrice ou intuitive. Pour ceux aussi qui pensent que la vulnérabilité est une faiblesse, alors que c’est une grande force.

Dans la symbolique des fleurs elle est associée au souvenir : « Souviens-toi ! » En la contemplant, on peut ressentir cet appel nostalgique à travers le questionnement existentiel : « D’où viens-je ? »

Plus encore, elle représente  la pensée tournée vers le futur, la pensée anticipative qui permet de se projeter vers un avenir prometteur et de répondre à la question : « Où vais-je ? »

Toute une démarche profondément humaine… de pensée !

« Si la vie n’est qu’un passage, sur ce passage au moins semons des fleurs ! »

Montaigne

Nadia Abès

Conseillère en phyto-aromathérapie et diététique

 

 

 

 

 

 

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